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Départ en ville

 

 

 

          Les flammes vacillantes des deux bougies sur leur bougeoir éclairaient l’intérieur du chalet juste suffisamment pour que la jeune fille puisse voir les cartes retournées, devant elle. Elle n’hésita pas longtemps avant de poser sa main sur l’une d’elle, la première intuition étant toujours la bonne, il ne servait à rien de réfléchir et elle le savait. Elle la retourna et découvrit l’image d’un squelette vêtu d’une longue houppelande noire et tenant à la main une faux… Doucement, comme le lui avait appris sa grand-mère, elle prononça la signification symbolique qui lui correspondait si bien ce matin-là.

– L’arcane sans nom, La mort. L’initiation, le début d’une nouvelle vie, de ma nouvelle existence… 

Elle n’avait pas peur de cette carte car elle ne faisait que confirmer ce qu’elle savait depuis la mort de Céliana, sa grand-mère : il lui fallait partir du chalet, de la montagne et découvrir une autre vie.

          Après un soupir de résignation et de légère angoisse, elle regroupa les cartes et les rangea délicatement dans un coffret en bois. Elle prit en main le pendule comme si elle allait le consulter, mais à quoi bon ? Que pourrait-il lui dire de plus ? Elle replia le tissu de soie mauve sur lequel elle avait disposé les cartes, le mit délicatement dans le coffret, recouvrant le jeu de tarot, le pendule et d’autres objets ésotériques appartenant à sa famille depuis des siècles. Des deux mains, elle referma le couvercle. Elle tourna la petite clé, l’enfila sur une chaîne en or qu’elle accrocha à son cou. L’image bien nette de Céliana, exécutant ce geste s’imposa à elle, ses pensées lui firent mal. Ce n’était pas le moment !

un rêve étrange

 

          Serge se dressa brusquement dans son lit, un coup d’œil à son réveil lui indiqua qu’il n’était que cinq heures du matin. A tâtons, il chercha l’interrupteur et alluma. Il observa sa chambre. C’était une pièce spacieuse, aux meubles cossus, en merisier. Il ferma les yeux, secoua la tête : il aurait juré qu’elle était là et lui parlait !

– Décidément, cela fait au moins dix fois que je fais ce même cauchemar… Céliana m’appelle de son chalet de montagne…

          Il soupira longuement… songeur…

– Cela fait si longtemps, elle doit être morte maintenant. Oh, et puis je peux bien laisser l’usine pour un jour ou deux et monter au village voir ce qu’il en est. Elle est bien capable de m’appeler dans mes rêves, je sais à quel point elle maîtrise le surnaturel… Chère sorcière…

Il sortit de son lit.

– De toute façon, je ne pourrai plus dormir. Et en partant maintenant, j’arriverai dans la matinée.

Il se dirigea dans la salle de bain. Pensif, il souriait en se rasant :

– Elle ne risque pas de me reconnaître, cela fait au moins 60 ans… oui, 60 ans… j’en avais 18… c’était en 44… y